Les syndicats de la fonction publique appellent de nouveau à la grève. Dans un communiqué commun publié le 29 octobre 2026, FO, la CGT, la CFDT, l’UNSA, la FSU et la FA demandent aux agents publics de se mobiliser le jeudi 5 novembre, par la grève et dans les manifestations. Un peu plus d’un mois après la journée du 29 septembre, l’intersyndicale veut obtenir des réponses chiffrées sur les salaires avant que les textes budgétaires 2027 ne soient bouclés.
Plan de l'article
Une intersyndicale au complet, un mois après le 29 septembre #
Le 29 septembre, la grève avait réuni selon les organisations « des centaines de milliers d’agent.es publics ». Le nouveau texte, relayé par la fédération des fonctionnaires FO, est signé par les six organisations représentatives des trois versants : État, territoriale et hospitalière. Cette unité compte. Elle signifie que les revendications portées le 5 novembre ne sont pas celles d’un seul camp syndical, mais une plateforme partagée, de la CFDT à la CGT.
Côté CGT, l’appel s’inscrit dans une journée plus large. L’UFSE-CGT parle d’une mobilisation interprofessionnelle et appelle à « généraliser la grève », y compris en Outre-mer, dans un texte publié le même jour.
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Ce que demandent les organisations #
Le point d’indice au centre
La première revendication reste la valeur du point d’indice, qui détermine le traitement de base de l’ensemble des fonctionnaires. L’intersyndicale réclame une « revalorisation significative » du point et son indexation sur l’inflation. Le communiqué ne donne ni pourcentage ni montant : c’est volontaire, les syndicats renvoyant la balle au gouvernement, à qui ils demandent d’inscrire des mesures dans le projet de loi de finances (PLF) et dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.
Des grilles qui démarrent au-dessus du SMIC
Deuxième point : la refonte des grilles indiciaires. À chaque revalorisation du SMIC, les premiers échelons des catégories C, et parfois B, se retrouvent rattrapés par le salaire minimum, ce qui oblige à des ajustements en urgence. Les organisations veulent des débuts de carrière durablement au-dessus du SMIC et une revalorisation des filières à prédominance féminine, avec l’égalité salariale femmes-hommes comme objectif affiché.
Jour de carence, maladie ordinaire, GIPA
Le texte commun demande aussi l’abrogation du jour de carence et le retour au maintien de 100 % du traitement en congé de maladie ordinaire. Il réclame enfin le rétablissement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA), ce mécanisme qui compensait la perte de pouvoir d’achat des agents dont le traitement progressait moins vite que les prix sur quatre ans.
La CGT ajoute ses propres demandes : arrêt des suppressions de postes, titularisation des contractuels, financement de la protection sociale complémentaire « à la hauteur des besoins », rétablissement des CHSCT et des commissions administratives paritaires de pleine compétence.
Où en est le dialogue avec le gouvernement #
Le calendrier des rencontres s’est accéléré. Selon la CGT, une réunion s’est tenue à Matignon le 21 octobre avec le Premier ministre et les organisations interprofessionnelles. Le 28 octobre, la CGT a été reçue par Claire Durrieu, directrice de cabinet de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics. Les autres organisations représentatives doivent être reçues d’ici le 3 novembre, avant une réunion plénière avec l’ensemble des syndicats.
Aucune annonce salariale n’est sortie de ces échanges à ce stade. La CGT rapporte que le cabinet a dit avoir « entendu » ses inquiétudes, et répond que « l’heure n’est plus au simple engagement de réflexions » sur la rémunération et les carrières. Autrement dit, la journée du 5 novembre tombe juste entre ces bilatérales et la plénière : elle doit peser sur ce qui y sera mis sur la table.
Le coût de la vie et l’attractivité en toile de fond #
L’intersyndicale justifie son appel par la hausse du coût de la vie : carburant, énergie, alimentation, loyers et mutuelles. Ce dernier poste parle directement aux agents, au moment où les complémentaires santé annoncent des hausses de cotisations pour 2027. Les organisations estiment que leurs revendications sont « finançables » par une meilleure répartition des richesses et la justice fiscale.
Elles mettent aussi en avant l’attractivité. Avec les départs massifs à la retraite attendus dans les prochaines années, l’enjeu de recrutement est au cœur du texte commun. Pour les syndicats, un point d’indice gelé ne fait qu’aggraver ces difficultés.
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Ce qu’il faut savoir avant le 5 novembre #
La grève dans la fonction publique obéit à des règles propres, qui varient selon le versant et le service : modalités de retenue sur traitement, préavis déposé par les organisations, déclaration préalable dans certains secteurs. Le plus sûr reste de se rapprocher de ses représentants syndicaux ou de son service RH pour connaître les modalités applicables à son poste.
Pour les usagers, des perturbations sont à prévoir dans les écoles, les administrations et certains services locaux. L’ampleur dépendra de la mobilisation, que les organisations espèrent au moins comparable à celle du 29 septembre. La réunion plénière annoncée par le ministère dira ensuite si cette pression se traduit en mesures concrètes pour 2027.




