Au lendemain de la journée de mobilisation du 5 novembre, les premiers chiffres officiels montrent une grève nettement plus suivie dans la fonction publique de l’État que dans les collectivités et les hôpitaux. L’intersyndicale attend désormais une réponse du gouvernement sur les salaires.
- À la mi-journée, 9,89 % des agents de l’État étaient en grève, contre 4,60 % dans la territoriale et 3,93 % dans l’hospitalière.
- Ces taux sont un relevé provisoire du ministère, pas un bilan définitif.
- Les syndicats réclament un coup de pouce au smic et des hausses de salaires.
Plan de l'article
Ce que disent les chiffres du ministère #
Le ministère de l’Action et des Comptes publics a publié le 5 novembre ses taux de grévistes à la mi-journée pour les trois versants de la fonction publique. Chaque taux vient d’une direction différente de l’administration.
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| Versant | Source | Taux à la mi-journée |
|---|---|---|
| Fonction publique de l’État | DGAFP | 9,89 % |
| Fonction publique territoriale | DGCL | 4,60 % |
| Fonction publique hospitalière | DGOS | 3,93 % |
Le versant de l’État ressort donc avec un taux plus de deux fois supérieur à celui des collectivités et des hôpitaux. Ces chiffres ne disent rien, en revanche, de la situation ministère par ministère ou service par service.
Comment lire ces taux sans se tromper #
Une photographie de mi-journée
Le relevé officiel décrit la situation au milieu de la journée. Comme le rappelle Social Mag, il ne s’agit pas nécessairement du bilan définitif, et un éventuel bilan ultérieur devra être distingué de ce premier point d’étape.
Des agents publics, pas des manifestants
Ces pourcentages portent uniquement sur les agents publics déclarés grévistes. Ils ne couvrent ni les salariés du privé, ni la fréquentation des cortèges. Un agent peut d’ailleurs manifester sur une demi-journée de congé, et un gréviste ne défile pas forcément.
Un taux national, des réalités locales
Pour un usager, un taux de 4 ou 10 % ne dit pas si son école, sa mairie ou son service hospitalier a fonctionné normalement. Dans une petite équipe, quelques absences suffisent à fermer un guichet. Dans un grand service, le même pourcentage peut passer presque inaperçu.
Le décompte syndical, bien plus élevé #
Les organisations syndicales avancent leurs propres chiffres, qui portent sur l’ensemble des grévistes et des manifestants, public et privé confondus. Dans son communiqué, la CGT revendique près de 1,6 million de personnes en grève et dans les manifestations, et recense à 17 h 30 plus de 1,5 million de manifestants dans 207 villes, dont 350 000 à Paris.
La CGT parle de la huitième journée de mobilisation depuis le 29 septembre. Elle évoque aussi « des centaines de milliers d’agent·es de la Fonction publique en grève », sans chiffre précis par versant. Comme toujours, décompte syndical et décompte officiel ne mesurent pas la même chose et ne se comparent pas directement.
Ce que réclame l’intersyndicale #
La journée était portée par une intersyndicale large : CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Solidaires et FSU, rejointes par des organisations de lycéens et d’étudiants. Au centre des revendications : le pouvoir d’achat, les salaires et le smic.
Selon Le Parisien, la CFTC demande une hausse de 2 % du smic, dont 1 % au titre de la revalorisation automatique et 1 % de coup de pouce. La CFDT réclame de son côté 100 euros net, et la CGT 150 euros. Les syndicats attendent une réponse du Premier ministre avant la fin de la semaine.
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Et pour les agents, quelle suite ? #
Dans la fonction publique, la mobilisation s’ajoute à des revendications déjà anciennes sur le point d’indice et le pouvoir d’achat des agents. La réponse attendue du gouvernement dira si le dialogue social reprend sur les rémunérations ou si de nouvelles journées d’action seront programmées.
Pour les élus et les militants, le chiffre national compte moins que la remontée du terrain : services réellement fermés, équipes en tension, attentes exprimées par les collègues. C’est sur cette base que se préparent les prochaines étapes, au niveau local comme national.
Questions fréquentes #
Les taux du ministère sont-ils définitifs ?
Non. Il s’agit d’un relevé provisoire établi à la mi-journée du 5 novembre.
Pourquoi les syndicats annoncent-ils des chiffres beaucoup plus élevés ?
Ils comptent les grévistes et les manifestants de tous les secteurs, alors que le ministère ne mesure que les agents publics en grève.
Quelles hausses de salaire sont demandées ?
Selon Le Parisien, la CFTC demande 2 % sur le smic, la CFDT 100 euros net et la CGT 150 euros.




